Colloque L'invention littéraire des médias - Conférence plénière d’Éric Rondepierre

Colloque L'invention littéraire des médias - Conférence plénière d’Éric Rondepierre

Historique des titres
  • Colloque L'invention littéraire des médias - Conférence plénière d’Éric Rondepierre — observé le 20261030-1104 UTC (YouTube)
🎙 Éric Rondepierre 👥 319 📅 28 avril 2017 ⏱ 62 min 👁 175 📄 opinion experte 🧭 2026-10-30
Disponible en : Français (actuel) English

Mots-clés

photogrammepunctumtachebandeparadigme indiciaire

Résumé

La conférence d’Éric Rondepierre, donnée dans le cadre du colloque « L’invention littéraire des médias », explore la notion de bande à travers une analyse croisée de son œuvre photographique et du récit de Conan Doyle « Le Ruban moucheté ». L’artiste présente sa pratique de prélèvement de photogrammes, qu’il considère comme des « tâches » invisibles dans la projection normale, et qui deviennent le matériau central de son travail. Il mobilise les concepts de Roland Barthes (studium/punctum), de Philippe Dubois et de Thierry Kuntzel pour éclairer sa démarche qui consiste à créer un « champ d’aveugles ». La conférence se structure autour de l’étymologie du titre anglais « The Speckled Band », décomposant « speckle » (tache, moucheture) et « band » (bande, ruban, cercle, groupe), pour établir un parallèle entre le dispositif criminel de la nouvelle et le dispositif de projection cinématographique. Rondepierre illustre son propos avec de nombreuses séries d’images (Excédents, Annonces, Décompositions, Partie commune) qui donnent à voir des images altérées par des taches, des blancs ou des figures évanouissantes. Il développe une réflexion sur le regard du spectateur, sur la dialectique de l’intérieur et de l’extérieur, et sur la matérialité de la pellicule comme support artistique.

201 mots

Évaluation critique

Valeur des informations & solidité de l’argumentation

La valeur des informations apportées par cette conférence est indéniable pour qui s’intéresse aux rapports entre cinéma, photographie et littérature. L’argumentation d’Éric Rondepierre est solide : il articule une pratique artistique singulière avec une construction théorique cohérente, appuyée sur des références précises (Barthes, Dubois, Ginzburg). Toutefois, son propos relève davantage de l’introspection esthétique que d’une démonstration scientifique. La démarche se fonde sur des intuitions personnelles et des correspondances sémantiques, souvent brillantes mais parfois subjectives. L’artiste assume cette subjectivité, notamment lorsqu’il propose une « devinette » reliant la bande de Conan Doyle au cinéma. L’originalité réside dans la capacité à faire dialoguer des concepts issus de la sémiologie (punctum), de l’histoire de l’art (tâche, support) et de la culture littéraire policière.

Rigueur scientifique, qualité des sources, adéquation du titre

La rigueur scientifique de la conférence est satisfaisante dans le cadre d’un colloque en lettres et arts. Les sources sont citées à l’oral (Barthes, Dubois, Poirier, Ginzburg, Kuntzel) et leurs concepts sont correctement mobilisés, même si quelques noms semblent légèrement déformés (ex. « Thierry Lenin » pour Kuntzel). Les exemples présentés (photogrammes issus de films de Hitchcock, Frank Capra, etc.) servent efficacement la démonstration. L’adéquation entre le titre de la conférence « Par la bande » et le contenu est exemplaire : le terme « bande » est exploré dans toutes ses acceptions (bande filmique, ruban, groupe, bande mouchetée) et structure l’ensemble du raisonnement. Le titre long de la vidéo, quant à lui, indique simplement le contexte du colloque, sans incidences sur la qualité du contenu.

261 mots

Adéquation titre / contenu

Le titre « Par la bande » reflète fidèlement le contenu, axé sur le ruban filmique et les taches, tandis que le titre long de la vidéo décrit le contexte du colloque.

Qualité & fiabilité

8/10

Conférence académique d'un artiste reconnu, s'appuyant sur de nombreuses références théoriques (Barthes, Dubois, Ginzburg) et des exemples concrets. La part subjective de la démarche artistique et la non-vérification systématique des citations nuancent la fiabilité, mais l'ensemble est rigoureux et cohérent.

Moments clés

Sources citées

  • La Chambre claire — Roland Barthes, cité pour les concepts de studium et punctum.
  • Le Ruban moucheté — Conan Doyle, nouvelle à l'origine de la réflexion d'Éric Rondepierre.
  • Carlo Ginzburg — Référence au paradigme indiciaire et à la méthode de Sherlock Holmes.
  • Thierry Kuntzel — Concept d'anti-regard, mentionné par l'artiste.
  • Philippe Dubois — Texte « Entre la trame et la tâche » sur le photogramme.
  • Michel Poirier — Texte « La maladie des images » évoquant les images altérées.

Apport & nouveautés

L’apport original de cette conférence est double : il offre une illustration concrète de la manière dont un artiste contemporain s’approprie les archives filmiques pour en faire des œuvres plastiques, et il propose une lecture inédite du récit de Conan Doyle comme anticipation allégorique du dispositif cinématographique. Rondepierre renouvelle la réflexion sur la photographie en mettant l’accent sur la « tâche » comme élément esthétique et perceptif.

Pour aller plus loin :

  • Photogramme — Définition et enjeux de cette image isolée, centrale dans la pratique de l’artiste.
  • Punctum (photographie) — Concept de Barthes, clé pour comprendre la démarche de Rondepierre.
  • Paradigme indiciaire — Méthode de Ginzburg reliant la trace et l’enquête, essentielle dans la lecture de la nouvelle.
  • Arrêt sur image — Technique liée au photogramme, différente de l’approche de l’artiste qui opère un « arrêt entre deux images ».

140 mots

Profil radar

Le profil radar indique une grande régularité entre les scores de quantité, qualité et fiabilité, tous autour de 8, ce qui correspond à une conférence dense et bien fondée. Le niveau technique, légèrement inférieur, reflète une accessibilité relative, même pour un public non spécialiste des théories de l'image.

Fiabilité 8/10